Un petit détour par la mosquée Assalam de Nantes : architecture d'un lieu de culte contemporain

Quand on parle du patrimoine religieux de Nantes, on pense d'abord à la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, à la basilique Saint-Nicolas ou aux chapelles des quartiers anciens. Pourtant, la ville compte aussi des lieux de culte récents, dont l'architecture mérite le détour. La mosquée Assalam, dans le quartier Malakoff, en est un exemple : un édifice contemporain, ouvert au début des années 2010, qui se signale de loin par un minaret de verre éclairé la nuit.
Un édifice dans le quartier Malakoff
La mosquée Assalam se trouve à l'est du centre de Nantes, dans le quartier Malakoff, entre la gare et la Loire. Ce quartier est né dans les années 1960 et 1970 sous la forme d'un grand ensemble d'habitat social, construit sur d'anciennes prairies inondables au bord du fleuve. Longtemps isolé du reste de la ville par la voie ferrée et par la Loire, il a fait l'objet à partir des années 2000 d'un vaste programme de renouvellement urbain, qui a ouvert de nouvelles rues, relié le quartier à l'île de Nantes par un pont et implanté de nouveaux équipements.
C'est dans ce contexte de transformation que la mosquée a été construite, à la fin des années 2000 et au début des années 2010, puis ouverte au culte en 2012. L'édifice comprend une salle de prière et des espaces à vocation culturelle et associative.
Une architecture contemporaine
La mosquée Assalam ne cherche pas à reproduire un modèle historique importé. Elle emprunte au vocabulaire traditionnel des mosquées, minaret, coupole, cour, salle de prière orientée vers La Mecque, mais le traduit dans un langage contemporain, avec des volumes simples, des façades claires et de larges surfaces vitrées.
- Le minaret est l'élément le plus remarqué. Plutôt qu'une tour maçonnée, il prend la forme d'un volume élancé habillé de verre, éclairé de l'intérieur à la nuit tombée. Il agit comme un signal lumineux dans le paysage du quartier.
- La coupole, qui couvre la salle de prière, reprend une forme traditionnelle avec des matériaux d'aujourd'hui.
- Les abords ménagent une transition entre la rue et le lieu de culte, à la manière d'un parvis.
Cette démarche s'inscrit dans une tendance plus large de l'architecture religieuse en France depuis la fin du XXe siècle : églises, temples, synagogues et mosquées récents adoptent souvent des formes contemporaines, en dialogue avec leur quartier plutôt qu'en rupture.
Le cadre juridique des lieux de culte
En France, la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État pose le principe selon lequel la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Les lieux de culte construits après 1905 sont donc, en règle générale, financés par les fidèles et gérés par des associations, le plus souvent des associations cultuelles régies par cette même loi, ou des associations de droit commun.
Plusieurs dispositifs encadrent toutefois les relations entre collectivités et lieux de culte. Le code général des collectivités territoriales permet notamment à une commune de conclure un bail emphytéotique sur un terrain lui appartenant, en vue de l'édification d'un lieu de culte ouvert au public. Les activités culturelles, distinctes du culte, peuvent par ailleurs relever d'associations culturelles. Ces règles valent pour toutes les religions.
Un patrimoine en devenir
Un bâtiment de quelques années peut-il relever du patrimoine ? La question se pose pour toute l'architecture contemporaine. Le ministère de la Culture a créé un label « Architecture contemporaine remarquable » pour signaler des édifices de moins de cent ans présentant un intérêt architectural ou technique, sans les soumettre aux contraintes d'une protection au titre des monuments historiques. Les inventaires patrimoniaux locaux, comme celui de la Ville de Nantes, intègrent aussi de plus en plus les constructions récentes, y compris religieuses.
La mosquée Assalam peut ainsi se regarder, aux côtés de lieux de culte plus anciens, comme un témoignage de la diversité religieuse de la ville et de son architecture du début du XXIe siècle.
Visiter un lieu de culte en respectant ses usages
Comme beaucoup d'églises, de temples et de synagogues, certaines mosquées ouvrent leurs portes au public lors d'occasions particulières, notamment les Journées européennes du patrimoine, avec des visites commentées présentant l'architecture et la vie du lieu. Les dates et conditions sont annoncées chaque année par les organisateurs et dans le programme officiel des Journées.
- Se renseigner à l'avance sur les horaires d'ouverture et éviter les heures de prière.
- Adopter une tenue correcte ; dans une mosquée, on retire ses chaussures avant d'entrer dans la salle de prière.
- Demander l'autorisation avant de photographier, en particulier les personnes.
- Rester discret : un lieu de culte reste avant tout un lieu de prière pour ceux qui le fréquentent.
Cet article présente un édifice sous l'angle de l'architecture et du patrimoine urbain. Nous ne parlons au nom d'aucune association ni d'aucun culte, et ne publions ni horaires de prière ni informations de contact. Pour toute question pratique, adressez-vous directement au lieu de culte.
Lire la ville par ses lieux de culte
Se promener à Nantes en observant ses lieux de culte, c'est parcourir plusieurs siècles d'histoire : la cathédrale gothique au cœur de la ville ducale, les églises néogothiques des faubourgs du XIXe siècle, les chapelles d'hôpitaux comme celle de l'hôpital Saint-Jacques, les temples et synagogues, et les édifices contemporains des quartiers récents. Le détour par Malakoff complète ce panorama : il montre une ville qui continue de construire, et dont le patrimoine de demain se dessine aujourd'hui.
Sources
- Légifrance, loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.
- Ministère de la Culture, label « Architecture contemporaine remarquable » et Journées européennes du patrimoine.
- Code général des collectivités territoriales, article L1311-2 (bail emphytéotique administratif pour un édifice du culte).
- Nantes Métropole, Grand projet de ville Malakoff – Pré-Gauchet.
- Ville de Nantes, Patrimonia, inventaire du patrimoine nantais.
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