Culture

Le handicap entre dans la danse : handidanse, danse inclusive et hôpital

Culture · · Publié le 2026-10-27

La cour d'entrée de l'hôpital Saint-Jacques à Nantes, avec au fond un bâtiment néoclassique à fronton
La cour d'entrée de l'hôpital Saint-Jacques. Photo : Pymouss, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

On l'appelle handidanse, danse inclusive, danse intégrée ou danse en fauteuil. Derrière ces mots, une même idée : la danse n'est pas réservée aux corps valides. Dans les centres de rééducation comme dans les studios et sur les scènes, elle est devenue un moyen de retrouver confiance, mobilité et plaisir du mouvement, et un terrain de création à part entière. À Nantes, l'hôpital Saint-Jacques, consacré notamment à la rééducation, compte parmi les lieux où cette pratique s'est fait connaître.

De quoi parle-t-on ?

Il n'existe pas une seule « danse du handicap », mais plusieurs approches qui se recoupent :

Le terme « handidanse » est souvent utilisé de manière générique pour désigner ces pratiques, en particulier lorsqu'elles sont proposées dans un établissement de santé ou médico-social.

La danse dans la rééducation

Après un accident, une maladie neurologique ou une amputation, la rééducation vise à retrouver le maximum d'autonomie. Les équipes de médecine physique et de réadaptation associent kinésithérapie, ergothérapie, activités physiques et accompagnement psychologique. Dans ce cadre, la danse présente plusieurs intérêts reconnus par les praticiens : elle sollicite l'équilibre, la coordination et la mémoire du mouvement, elle mobilise le haut du corps chez les personnes en fauteuil, et elle apporte une dimension de plaisir et d'expression qui soutient la motivation.

La danse se pratique alors sous la responsabilité de professionnels formés, en complément des soins et non à leur place. Depuis la loi de modernisation de notre système de santé de 2016, les médecins peuvent par ailleurs prescrire une activité physique adaptée aux patients atteints d'une affection de longue durée ; elle est encadrée par des professionnels qualifiés, comme les enseignants en activité physique adaptée.

L'hôpital Saint-Jacques, un lieu chargé d'histoire

L'hôpital Saint-Jacques se trouve au sud de la Loire, dans le quartier de Nantes Sud, rue Saint-Jacques, près du pont de Pirmil. Il occupe l'emplacement d'un ancien prieuré, puis d'un dépôt de mendicité. Les bâtiments actuels datent pour l'essentiel de la première moitié du XIXe siècle, dans un style néoclassique : de longues ailes ordonnées autour de cours, une chapelle et un pavillon d'entrée monumental. Certaines de ses parties sont protégées au titre des monuments historiques.

Conçu à l'origine comme un hospice, l'hôpital a beaucoup évolué. Il fait aujourd'hui partie du centre hospitalier universitaire de Nantes et accueille principalement la psychiatrie, la gériatrie et la médecine physique et de réadaptation. C'est dans ce dernier domaine que des activités comme la handidanse ont été mises en avant, au sein d'une palette d'activités proposées aux patients en rééducation.

Le projet de regroupement d'une grande partie des activités du CHU sur l'île de Nantes, dans un nouvel hôpital, pose la question de l'avenir de certains sites historiques. Comme toujours, les décisions et calendriers sont publiés par le CHU et les collectivités.

Culture et Santé : l'art à l'hôpital

Depuis la fin des années 1990, les ministères chargés de la culture et de la santé soutiennent ensemble la présence de l'art dans les établissements de santé. Le programme Culture et Santé, décliné en région par les directions régionales des affaires culturelles et les agences régionales de santé, finance des projets menés par des artistes avec des patients, des soignants et des familles : ateliers de danse, de musique, d'écriture, résidences d'artistes, spectacles.

Ces projets ne relèvent pas du soin au sens strict. Leur objectif est de faire entrer la culture dans des lieux où les personnes en sont souvent éloignées, et de considérer le patient comme une personne à part entière, avec ses envies et sa créativité. La danse y occupe une place importante, parce qu'elle passe par le corps, souvent au cœur de l'expérience de la maladie ou du handicap.

Danser à Nantes quand on vit avec un handicap

En dehors de l'hôpital, plusieurs types de structures peuvent proposer des pratiques de danse accessibles dans la métropole :

  1. Les clubs handisport, pour la danse en fauteuil en loisir ou en compétition ; le comité départemental handisport oriente vers les clubs existants.
  2. Les écoles de danse et conservatoires, dont certains développent des cours adaptés ou inclusifs ; il est utile de leur demander directement quelles adaptations sont possibles.
  3. Les compagnies et lieux culturels, qui organisent parfois des ateliers ouverts à tous, en lien avec des spectacles.
  4. Les établissements médico-sociaux, qui intègrent souvent la danse à leurs activités, avec des intervenants extérieurs.

Nous ne publions pas de liste de cours ni de dates : les offres changent d'une saison à l'autre. Les maisons départementales des personnes handicapées et les comités sportifs sont de bons points d'entrée pour trouver une activité adaptée.

Voir la danse autrement

La danse inclusive a aussi changé le regard porté sur la scène. Des compagnies professionnelles associent depuis plusieurs décennies des danseurs avec et sans handicap, et leurs pièces sont programmées dans les théâtres et les festivals au même titre que les autres. Pour le spectateur, elles invitent à reconsidérer ce que l'on appelle virtuosité : la qualité d'un geste, d'une présence ou d'un lien entre deux corps ne dépend pas de leur conformité à une norme.

Les lieux culturels, de leur côté, sont tenus d'améliorer l'accessibilité de leurs salles et de leurs programmes : accès physique, places réservées, audiodescription, spectacles adaptés. Le ministère de la Culture publie des guides pratiques sur ces sujets.

À retenir

La danse n'est pas un traitement en soi, mais elle peut accompagner une rééducation, rompre l'isolement et ouvrir un espace de création. Avant de commencer une activité après une blessure ou une maladie, parlez-en à votre médecin ou à votre équipe de rééducation.

Sources

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